Dimanche 1 mars 2009
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12:45
Edition: 1.0
J'ai lu un roman il y a peu,
Harlan Coben "Dans les bois" (et c'est pub
gratos pour Amazon encore zou!), le héros compartimentait ses vies. Le boulot, la famille, ses secrets, etc. J'ai
eu sentiment bizarre, je me suis dit, oui! non? Tu compartimentes ou pas? Oui je me parle beaucoup à moi même. Je me réponds aussi, une espèce de différentes composantes de ma personnes qui se
répondent.
Donc oui je compartimente. J'ai des vies différentes, des vies plus ou moins compartimentées. Et là où est le paradoxe c'est que je ne
cherche pas forcément à le faire, cela vient tout seul. Et hop une nouvelle adresse email, ou et hop je ne dis que ce qu'on l'on est prêt à accepter de moi à mon nouvel interlocuteur.
Surtout que je cherche une harmonie, une cohérence de vie. Incompatible avec le compartimentage (barbarisme #42443, je ferais un recueil un jour, promis).
Alors ces vies quelles sont-elles, pourquoi, comment?
Pourquoi déjà. Parce-que d'une part je ne veux pas souffrir et dévoiler des choses de moi qui pourraient à un niveau de retour
quelconque me nuire ou m'atteindre. D'autre part, parce-que naturellement je sens l'autre, ses attentes, ses limites, ce qu'il est prêt à entendre, à attendre. Cela est valable au niveau
professionnel, familiale, sentimental, relationnel, etc.
Comment ensuite. Tout seul. Cela se fait tout seul, je réponds automatiquement dans l'arbre continu des possibles. Je ne calcule pas. Et les
compartiments se créent par la suite, par catégorisation, par classement. Le cerveau est très fort pour cela: classer. Il ne fait que cela, classer et mettre en lien.
Lesquelles sont-elles enfin. Professionnelles, j'en ai déjà deux ou trois. Deux ou trois domaines d'activité qui ne se croisent pas,
qui s'enrichissent mutuellement d'expérience, mais ne se croisent jamais. Familiale, dans l'intimité de mon chez moi, je ne suis pas celui avec ma famille proche et encore moins avec la famille
lointaine ou par alliance. Sentimentale, j'ai été celui qu'on attendait à chaque fois, du prince charmant au sale con (je sais faire aussi). Amicale, presque moi même avec un ami très proche, par
moreaux et incomplet avec les autres selon les facettes. Relationnel, du gentil gars qui plaisante et sourit tout le temps, le bon mot pour donner un sourire au regard de tueur qui ignore l'autre.
Et les autres vies, les secrètes. Non je n'ai aucune vie nocturne de psychopathe, je vous rassure. Juste encore certaines parties de ma vie qui ne sont pas toutes dévoilables au sens
de la norme sociale, de l'acceptation, de l'idéal recherché, etc. Des vies toutes fragmentées qui sont justes personnelles, sans relation à l'autre, en relation par le net ou avec l'autre dans une
relation très cillée.
Il y a tellement au final, que cet éparpillement peut faire peur, il peut déranger. Il
fait peur et dérange. On ne le comprends pas. Cela renforce les compartiments. Parfois des porosités existent, mais la plupart du temps, si ce n'est toujours, il y a un mauvais retour de
bâton. Alors chat échaudé, ... surtout quand le chat est plein de rayures.
Alors à quand le coming out global, l'assumage (#42444) total de toutes ces facettes, le jour où la boule à
facettes devient lisse, continue, sans angles, juste simplement sphérique, parfaitement lisse. Parfaitement lisse, impossible. Parfait c'est impossible. Lisse c'est terne. Donc je ne pourrais aller
jusque là, jusqu'à cette perfection. Alors un cran en dessous, un pas de côté. Ça marche toujours.
Il faudra encore du temps, cela se fera progrressivement, aggrégation par partie (j'ai pas dit intégration, pour les connaisseurs seulement).
Pas par porosité, par le bas, mais par le haut, par choix de dire, aller là dans ce compartiment, on met les choses à ce niveau. On verra bien ce qu'on perd et qui on perd. On perd toujours quelque
chose, des personnes surtout qui ne suivront plus. Dans un autre compartiment, on fait pareil. Et telles des écluses, une fois les mêmes niveaux quasiment atteint, on lève l'écluse. On fusionne les
compartiments, et on voit ce que cela donne.
Pour réaliser cela, il faut, faudra, de l'énergie, de la volonté, savoir assumer les conséquences, à tous les niveaux, à tous les temps (le temps revient toujours à la charge). Il sera
nécessaire d'avoir les mécanismes de protection adéquat et savoir que l'on peut tout perdre. Tout gagner aussi, mais j'ai plus de doutes. Toujours ces doutes sur soi et si on vaut le
coup.
Bref (il y avait longtemps), cela vaut-il le coup finalement de décloisonner ces vies. Je pense qu'il y a à gagner, à gagner en
relation aux autres, plus sincère, plus vraie, plus riche donc. Mais le puis-je, l'accepteront-ils?
En attendant d'avoir réponses à ces deux questions, je continue mes vies, avec la frustration, l'incompatiblité que cela peut produire, les empêchements que cela peut donner. La moins pire des
solutions.
Par Dr. Jarod House
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Publié dans : Présentation
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Je crois que c'est instinctif pour les Z de compartimenter, car comme tu le dis bien, ça se fait naturellement. Notre façon de penser en arborescence aide sans aucun doute à classer & compartimenter, mais surtout (tel est mon avis en ts cas) à protéger & cacher pour éviter de souffrir des incompréhensions venant de la "mauvause facette, au mauvais moment".
On est bien svt ce qu'on attend de nous, au moins ds certains domaines (pour certains ce sera ds le domaine professionnel, d'autre ds la famille, avec possibilités de cumuler).
Mais finalement, le risque de cette façon d'être tjrs soi & en même temps très différent selon les situations, selon les vies comme tu le dis, est un problème de construction en faux-self ?
C'est à dire en correspondance avec la vision qu'ont les autres de nous, & en se perdant là dedans, sans plus savoir QUI on est, au bout du compte...
Rien qu'à écrire cela je me sens déroutée. Je suis arrivée sur ce site en simple observateur, soudaine envie de tapoter sur ma machine.. voici. Soudain élan de stress et de tension en moi, me révéler si peu et anonymement et je suis déjà mal ......... merci Jarod pour tes mots
Qui es-tu, quel âge as-tu, où vis-tu, comment vas-tu ?
Comment peut-on communiquer un peu avec toi ?
En dehors de cette seule option "commentaire"...
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Mais qui écrit ainsi ?
Je ne me suis pas ennuyée une seconde. Effet miroir, quoi.
Sur l'auteur : il faut juste un peu savoir sur toi, car là, on a que ce fond de blog noir.
Bien à toi